Revue de presse 4 novembre

Publié le par collectifcitoyen

Le Télégramme, mercredi 4 novembre 2009

Gérard Huet «vide» l'hémicycle

Gérard Huet pourra se vanter d'avoir quasiment vidé l'hémicycle du conseil général des Côtes-d'Armor, hier matin, seuls les membres de l'opposition restant stoïquement à leur place ainsi que le président Lebreton et Charles Josselin. Un Charles Josselin vertement pris à partie par le conseiller général de Loudéac (ce qui a suscité le départ des socialistes et des communistes). Gérard Huet, au moment des explications de vote de laDM3 est revenu sur l'incident de la veille (Le Télégramme d'hier), à propos de son refus de marier un couple hispano-marocain, cet été, malgré une décision de justice. Et d'expliquer: «Au moment du mariage, en juillet, le marié était bien sous le coup d'une procédure d'expulsion... Le jugement du tribunal administratif du 15octobre m'a donné raison». Le maire de Loudéac souligne, par ailleurs, qu'il a célébré 26mariages d'étrangers depuis 2001 et qu'il célébrera le prochain - un couple de Congolais - le 12décembre prochain. «Je ne me suis pas livré à une attaque contre votre personne mais contre des idées que vous avez exprimées, lui répond Charles Josselin... il était nécessaire de siffler le coup franc. On ne pouvait plus laisser reprendre des arguments qui font tellement de mal, qui sont le fond de commerce des extrémismes, à savoir la stigmatisation de l'étranger... C'est le développement qui tarira l'immigration et pas l'inverse». Enfin, l'ancien ministre de la Coopération, s'adressant à l'opposition estime qu'il était de son devoir de s'étonner: «L'engagement du politique, et aussi son honneur, est d'avoir en permanence la préoccupation des droits de l'Homme, y compris ceux des étrangers. Ponce Pilate a eu de nombreux descendants, je ne pensais pas qu'il y en avait parmi nous».

Ouest-France
Huet réplique à Josselin, la gauche s'en va...

Gérard Huet se pose en victime après que Charles Josselin l'a mis en garde de « ne pas jouer avec des explosifs » en matière d'immigration. : Archives Ouest-France

Nouvelle passe d'armes entre Gérard Huet et Charles Josselin, hier, au conseil général. La gauche a quitté la séance.

La polémique ne désenfle pas. Midi, hier, en pleine séance du conseil général. Gérard Huet, le conseiller général et maire de Loudéac, demande la parole. L'élu sans étiquette est censé expliquer pourquoi il vote contre une décision modificative du budget départemental. Il profite de l'opportunité comme d'une tribune. Et revient sur « l'intervention à charge » dont il dit avoir été « victime », la veille, de la part de Charles Josselin qui l'a, selon lui, « livré en pâture en séance publique ». Au nom de la majorité, l'ancien ministre lui a reproché ses propos et ses écrits pour justifier son refus de célébrer le mariage civil d'un couple marocain, en juillet dernier. Et ce malgré une décision de justice l'y obligeant (lire Ouest-France d'hier).

« Une classe porte mon nom au Burkina-Faso »

Gérard Huet persiste : « Le 15 octobre, le tribunal administratif m'a donné raison en confirmant que le mari était en situation d'expulsion à l'époque... » Comme pour se défendre de racisme, il dit « avoir célébré 26 mariages d'étrangers en situation régulière dans ma commune. Et le prochain entre des Congolais aura lieu le 12 décembre... Une classe porte mon nom au Burkina-Faso. »

Il n'hésite pas non plus à rappeler une condamnation judiciaire de Charles Josselin. « Je n'avais pas demandé l'instruction de cette affaire en séance publique », ose-t-il. Choqués, les élus de gauche quittent l'hémicycle. Seul le président, Claudy Lebreton et Charles Josselin restent.

En colère, Gérard Huet traite les sortants de « censeurs ». Calme et mesuré, Charles Josselin ne cesse d'être interrompu par un Gérard Huet, excédé, que Claudy Lebreton invite vainement à se calmer. « Je ne me suis pas livré à une attaque contre votre personne, lui assure l'élu de gauche. Mais contre les idées que vous avez exprimées publiquement. Trois mois après que le mariage a été célébré par une de vos adjointes, vous en rajoutez une couche très épaisse. Nous ne pouvions pas laisser dire, laisser des arguments qui sont le fonds de commerce des extrémismes, à savoir la stigmatisation de l'étranger. »

Bruno ALVAREZ.

Ouest-France

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Publié dans Presse

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